Il y a plus de deux semaines, le ministre soudanais de la défense, Ahmed Awad Ibn Auf, a annoncé l’arrestation du président Omar Hassan el-Béchir qui dirigeait la République du Soudan depuis 1989. Après sa démission, c’est un Conseil militaire de transition (CMT) qui a assumé la responsabilité de la sortie de la crise a été formé. Selon le plan préliminaire, le CMT devrait diriger le pays au cours des deux prochaines années, jusqu’à ce que le nouveau gouvernement soit formé.

Cependant, des milliers de soudanais ont poursuivi un sit-in près l’état-major du ministère à Khartoum, exigeant la formation d’un gouvernement sans délai. Les représentants du CMT ont entamé des négociations quotidiennes avec l’opposition, unie dans les soi-disant Forces de la déclaration de la liberté et du changement, nommé d’après le document adopté le 1er janvier 2019, dans lequel l’objectif principal de la révolution était de renverser Omar el-Béchir.

Selon les résultats des négociations le dimanche précédent, le CMT va mener les discussions sur la composition du gouvernement cette semaine, donc déjà l’ensemble de ces informations doit être présenté au public dans l’avenir proche. Bien qu’une moitié de partis et mouvements d’opposition ait annoncé la fin du dialogue avec les militaires le même soir, les forces du CMT ont continué d’insister sur le dialogue. Elles ont poursuivi leur travail constructif avec toutes les parties d’intérêt, ainsi que l’examen des revendications présentées par les forces politiques à propos d’une période de transition.

Le jeudi 25 avril, les manifestants ont paralysé la circulation dans le centre de Khartoum. Ils ont organisé une grande manifestation à l’appui de la demande de transfert du pouvoir aux civils. Il convient de noter que l’opposition a loué un transport qui a permis d’amener des personnes d’autres villes du Soudan à Khartoum. En outre, des manifestations ont eu lieu dans les capitales de certains États.

Selon le témoin, un grand nombre de manifestants se sont réunis près de l’ambassade d’Égypte à Khartoum avec les exigences de la non-ingérence de l’Égypte dans les affaires Soudanaises. C’est lors du sommet de l’Union africaine en Égypte que le Président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a déclaré que les dirigeants des pays africains étaient convenus de prolonger la période de la mise en œuvre des réformes démocratiques pour le CMT.

Plus tard, une période concrète a été annoncée pour mener ces réformes et former un gouvernement : 3 mois. Мais les manifestants l’ont estimé trop long. En conséquence, ils ont demandé de transférer le pouvoir le plus tôt possible.

Le même jour, le 25 avril, la média américaine, CNN, a rapporté que les experts russes ont essayé d’influencer la situation politique au Soudan avant le coup d’État militaire. Selon les informations publiées, la société russe a proposé au Président du Soudan une stratégie qui lui permettrait de prendre le contrôle de la situation dans le pays et de sortir de la crise. La stratégie comportait un certain nombre de mesures socioéconomiques et d’outils politiques. Le fait plus intéressant est que la société aurait proposé d’appliquer la force pour calmer les manifestants et discréditer leur image.

Selon la déclaration au site du Fonds pour la protection des valeurs nationales, c’était lui qui effectivement donnaient des consultations à la direction soudanaise. Les politistes Mikhaïl Potepkine et Petre Bychkov mentionnés dans les articles publiés par CNN sont membres du conseil d’administration du Fonds. Il y a un certain nombre de documents attestant de leur travail dans le Fonds.

D’après les informations apprises, le Fonds a évalué la situation économique, sociale et politique au Soudan depuis plus de deux ans. L’organisation fournit régulièrement des évaluations et des projections indépendantes dans tous les domaines d’activité de l’État et de la société et élabore des recommandations pour améliorer la situation.

Par exemple, la Stratégie et les propositions visant à accroître les revenus du pays et de la population. Selon les estimations de l’IAC, cette stratégie est le résultat d’une étude d’un grand nombre de documents sur les processus économiques et sociaux au Soudan. Les données qui pourraient justifier ces résultats ne sont pas accessibles au public en raison de l’imperfection du système des sites de l’État et des statistiques au Soudan.

Le Fonds a présenté diverses propositions, telles que la lutte contre la contrebande, au cours de laquelle il serait possible d’obtenir une taxe sur les revenus provenant de l’exploitation illégale de l’or de 145 millions de dollars. En outre, la création d’un registre unique des biens immobiliers dans l’État de Khartoum, une évaluation cadastrale et une taxe sur les biens immobiliers coûteux sont proposés. Ainsi qu’accorder une aide ponctuelle aux personnes vulnérables en supprimant les subventions. Les réformes proposées en 2019 devraient permettre d’augmenter les recettes budgétaires de 2 526 millions de dollars, soit 191,5%.

En générale, les recommandations proposées par le Fonds permettraient d’augmenter le niveau de la transparence de l’économie. Les réformes devaient viser à améliorer le bien-être des pauvres populations du Soudan, ce qui permettrait à Omar el-Béchir de lui assurer un plus grand soutien aux élections de 2020, auxquelles il envisageait de se présenter du parti au pouvoir : le Congrès National, avant le coup d’État militaire. L’IAC a demandé aux représentants du Fonds des informations supplémentaires pour pouvoir procéder à une analyse détaillée de ces propositions. En outre, nous sommes intéressés par toute information qui nous permettra de mieux connaître les conditions préalables à la crise au Soudan.

Sur la base d’une déclaration du Fonds, toutes les informations ont été communiquées au gouvernement soudanais et le Président a été informé personnellement des options en matière de développement. Il est indiqué que le Fonds a prédit une détérioration de la situation et il a régulièrement mis en garde contre le fait que le non-respect des recommandations de réforme conduirait à des manifestations massives et à un coup d’État militaire.

Nonobstant le coup d’état militaire, le Fonds se trouve toujours sur le territoire soudanais et continue à donner des consultations à toutes les parties au conflit politique au Soudan.

La situation dans le pays reste donc incertaine, mais les experts de l’IAC, ainsi que les experts indépendants dont l’opinion a été prise en compte sont d’avis que le Conseil militaire de transition sera bientôt en mesure de réussir dans les négociations avec l’opposition et de trouver le chemin vers le développement. Cela est dû au fait que les manifestants n’ont toujours aucune possibilité de décision radicale ou de force, et que le CMT contrôle la situation et dispose de ressources pour attendre le début du mois sacré pour les musulmans : du Ramadan. Le carême commencera le dimanche 5 mai et durera jusqu’au lundi 3 juin. Et comme conséquence, il est impossible de poursuivre la grève en période de chaleur et d’interdiction de boire de l’eau jusqu’au coucher du soleil.

Les États voisins qui souhaitent stabiliser la situation dans la région soutiennent la légitimité du Conseil. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont déjà annoncé publiquement leur soutien aux militaires, et les recettes provenant d’eux pour soutenir le peuple soudanais sont de 500 millions à 3 milliards de dollars.

À son tour, la Fédération de Russie a également soutien le CMT. Le Conseil a déjà assuré la Russie que des relations entre les deux pays reste les mêmes : stratégiques. C’est le ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie qui l’a déclaré à la suite de la visite de travail du représentant spécial du président de la Fédération de Russie pour le Moyen-Orient et l’Afrique, le vice-ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie Mikhaïl Bogdanov au Soudan.