Les élections générales en Afrique du Sud constituent l’un des événements politiques les plus importants de 2019, tant pour le continent africain que pour le monde entier. Les principaux concurrents étaient le Congrès national africain (anglais – African National Congress (ANC)), l’Alliance démocratique (anglais – Democratic Alliance – (DA)) et Combattants pour la liberté économique (anglais – Economic Freedom Fighters (EFF)).

Le parti gagnant aura le droit de déterminer le président du pays.

D’après les résultats du traitement de 98,73% des bulletins, les voix se sont réparties comme suit:

ANC a gagné avec 57,66%, DA a été en deuxième place avec 20,69% et EFF a obtenu 10,67%. D’autres partis ont obtenu pas plus de 3,5%. Cela signifie que le chef du parti, Cyril Ramafosa, restera le Président pour les cinq prochaines années. Fait intéressant, le résultat du parti au pouvoir diminue à chaques élections (69% en 2004, 65% en 2009 et 62% en 2014). Les résultats actuels sont en grande partie corrélés à la composition raciale et au niveau de vie de la population. Lors d’élections à différents niveaux DA est populaire dans le sud-ouest du pays, en particulier dans la province le Cap-Occidental où les Noirs ne constituent qu’un quart de la population.

Cependant, la popularité croissante des démocrates est également due à d’autres facteurs: fatigue de la vieille élite et du parti au pouvoir, scandales de corruption à l’ANC, faibles taux de développement économique et, par conséquent, déclin de l’autorité des responsables politiques du système.

Des processus similaires sont observés dans de nombreux pays africains dotés de régimes autoritaires. C’est l’étude de ces pays dont le Centre international anti-crise (IAC) s’occupe. IAC atteint actuellement le marché mondial pour la fourniture de services de conseil dans toute l’Afrique.

Les spécialistes d’IAC ont réussi à mettre en œuvre un certain nombre de projets de recherche et de conseil dans des pays tels que le Nigéria, le Cameroun, la RDC et Madagascar. Le dernier projet concernait les travaux de surveillance et d’analyse s’est tenu en République sud-africaine où, depuis octobre 2018, l’équipe d’experts d’IAC a mené ses recherches.

A l’étape préalable du projet, nos spécialists ont procédé à une analyse de la situation politique et socio-économique dans le pays et à une analyse des principaux documents et textes réglementaires (législation électorale, stratégies de campagne électorale disponibles, etc.). Aussi des recommandations concernant le chômage, les migrations et d’autres domaines importants de l’organisation de la vie de la population ont été formulées. Les études ont été menées dans le but de créer une image objective et impartiale reflétant la situation socio-politique du pays à la veille des élections nationales et provinciales.

Conformément à nos principes de non-engagement et de non-ingérence, CVI a travaillé avec toutes les parties. Des contacts ont été établis avec des représentants des milieux d’affaires, d’ONG et des milieux universitaires. Des contacts ont été aussi pris avec les représentants du Parlement, avec des mouvements de jeunesse et avec des membres de grands partis (ANC, DA, EFF) qui sont en concurrence pour les sièges et pour l’influence aux provinces.

La recherche sur le terrain a été menée avec la participation d’experts de l’organisation partenaire de l’AFRIC (Association pour la recherche libre et la coopération internationale), qui mène des recherches dans différents pays du continent africain. Les spécialistes ont recueilli les données sur le comportement de la population et des participants aux élections. Les observateurs ont analysé les campagnes des trois plus grands partis et des nouveaux partis, ainsi que ceux pouvant compter sur un petit nombre de sièges au Parlement ou ayant une influence locale à certaines provinces.

Les questions suivantes ont été examinées: travail des partis avec les médias, événements des partis, comportement des partis les uns envers les autres. Les matérieaux ont été distribués dans les médias en ligne, les réseaux sociaux et les messageries. Pendant toute la période où la mission a été localisée en Afrique du Sud, un suivi quotidien de l’ordre du jour, du comportement d’importants chefs de partis, chefs d’entreprise et personnalités influentes des médias a été mis en place.

Pour prédire les résultats des élections, IAC a mené une analyse du lancement de la campagne d’enregistrement des électeurs du parti de DA et l’analyse des risques au cours de la campagne électorale de l’ANC. Également à cette fin, en octobre 2018, des experts de l’AFRIC ont mené une enquête auprès de 2249 personnes interrogées dans les 9 provinces d’Afrique du Sud. En février 2019, une enquête nationale a été menée auprès de 1501 personnes. Pour l’heure, plus de 120 entretiens d’experts et plus de 50 groupes de discussion ont été organisés.

À la suite de l’analyse des données, la spécificité du comportement et des préférences de la population a été révélée, à la suite de quoi l’électorat a été divisé en groupes:

1) Par âge:

Jeunes (18-29 ans) (5,7 millions d’électeurs)

Âge moyen (30-59 ans) (16,3 millions d’électeurs)

Âge avancé (> 60 ans) (4,7 millions d’électeurs)

2) Par revenu:

Pauvre (65%)

Couches désavantages de la population (10%)

Classe moyenne (20%)

Elite (5%)

3) Selon le lieu de résidence:

Ville

Banlieue

Village

Chacun de ces groupes a été examiné séparément.

Selon les sondages, à partir de février 2019, les votes pourraient être répartis comme suit: ANC – environ 58%, DA – 9,8%, EFF – 16,7%, IFP (Inkatha Freedom Party) – environ 1%, autres partis – 2,6%. Difficile de répondre – 11,9%.

Sur la base de nos propres analyses et des données accessibles au public, les experts d’IAC avaient prédit, le 9 avril, une victoire de 55 à 59% des ANC. Selon des estimations préliminaires, DA resterait au deuxième rang avec un résultat d’environ 20%.

Selon nos données, la vague d’agitation du parti DA, qui s’était intensifiée au cours des dernières semaines avant le vote, leur a permis d’accroître leur appui grâce aux électeurs qui avaient précédemment eu des difficultés à choisir (11,9% en février). Les protestations et les rassemblements qui avaient lieu en Afrique du Sud un mois avant les élections, bien qu’ils n’aient pas de caractère massif, occupaient une part importante de l’agenda des nouvelles. À notre avis, cela, associé à l’utilisation d’un large éventail de technologies électorales, a également contribué à la redistribution d’une partie des voix et à la réduction du soutien apporté au FEP et à l’ANC. Les voix de l’EFF ont finalement partagés entre d’autres petites parties patriotiques.

Ainsi, l’étude d’IAC a permis de prédire les résultats des élections en Afrique du Sud, confirmée par les résultats du vote préliminaire qui sont suffisants pour évaluer la situation.

Après la recherche, une conférence de presse a eu lieu et les données ont été publiées pour le grand public et les participants au processus politique dans divers médias (Deutsche Welle, NEWS24, BussinessTech, Polity, All Africa, Briefly, etc.).

Dès le début de la mission en Afrique du Sud, ces données étaient disponibles pour tous ceux qui collaboraient avec des experts, y compris le parti ANC, qui, selon nos experts, est devenu un outsider de ce vote, perdant le plus de voix par rapport à ses concurrents.

Néanmoins, en utilisant les résultats de la recherché d’IAC, l’ANC a pu augmenter sa note de 46% (octobre 2018, chute de la note du parti après les scandales de corruption) à 58% (février 2019) et conserver ce résultat dans le contexte des critiques actives de DA pendant la période d’activité électorale, restant ainsi au pouvoir.

Des données de recherche sociologique, ainsi que des recommandations sur la rhétorique publique et l’amélioration de la communication avec le public, ont été transmises au Gouvernement de la République. En fin de compte, les prévisions d’’IAC se sont révélées beaucoup plus précises que celles de ses concurrents par le biais des organisations de recherche d’autres pays qui ont également travaillé sur les élections en Afrique du Sud.

IAC continuera à adhérer aux principes de non-ingérence dans le processus électoral et politique, en étudiant la situation sociopolitique dans les pays soumis à l’influence d’organisations étrangères, provoquant souvent le développement de situations de crise, et en dirigeant ses efforts pour éliminer l’ingérence d’États étrangers dans les affaires internes et les processus démocratiques des pays souverains.

Les études détaillées et les justifications des conclusions de la mission d’IAC seront présentées dans le rapport complet sur les travaux en Afrique du Sud et publiées sur notre site après l’annonce des résultats officiels de les élections générales.