Le week-end dernier, les manifestations les plus agressives depuis des mois ont eu lieu à Tirana, la capitale albanaise. Selon les médias, 15 policiers ont été blessés lors des émeutes.

Les manifestations ont réuni des milliers de personnes. Elles étaient dirigées par le leader du parti démocrate d’opposition (PDS), Lulzim Basha, l’ancien président et Premier ministre albanais, Sali Berisha, ainsi que par la dirigeante du Mouvement socialiste pour l’intégration (LSI), Monika Kryemadhi.

« Aujourd’hui c’est le jour du jugement : pour la liberté ou pour la mort ! Nous voulons que l’Albanie soit tout comme l’ensemble de l’Europe », a déclaré Lulzim Basha s’adressant au Premier ministre actuel, Edi Rama.

La revendication principale des manifestants est la démission de Rama considéré comme un criminel. Basha a souligné que sans cela, les élections en Albanie n’auront lieu « ni en juin ni l’année prochaine ».

Le 11 mai, les manifestants se sont rassemblés devant le Parlement, ensuite ils sont parvenus à forcer des cordons policiers en utilisant des grenades fumigènes. Après cela, la foule s’est dirigée vers le bâtiment de la police : elle a réclamé de libérer l’un des organisateurs des actions précédentes, Sait Dolapi.

En outre, la police avait en avance installé du barbelé autour du palais du Gouvernement pour empêcher la foule d’y entrer. La manifestation a commencé sur le boulevard central de la ville. De là, les opposants se sont rendus vers le palais du Gouvernement, puis vers 21h, ils se sont rassemblés devant le Parlement.

Les manifestants ont jeté des cocktails Molotov sur la façade des bâtiments du gouvernement et du parlement. La police a éteint les flammes et a dispersé les manifestants faisant usage de gaz lacrymogène.

Le président albanais, Ilir Meta, a appelé les manifestants à s’abstenir de toute violence, alors que Edi Rama a qualifié les actions des opposants de « politique aveugle ». Le ministre de l’Intérieur Sandër Lleshi a, pour sa part, indiqué que les manifestants ne faisaient que « détruire l’Albanie ».

« On ne peut pas construire la démocratie avec les cocktails Molotov, mais on peut détruire l’Albanie. Cela ne doit pas arriver ! Nous appelons les citoyens à s’abstenir de lancer des attaques contre les institutions. Personne n’a le droit de mettre le feu à l’Albanie de nouveau », a déclaré Lleshi en s’adressant aux manifestants.

Suite aux émeutes de samedi, la police a arrêté plus de 50 personnes. C’était la quatrième manifestation depuis le début de 2019. Le chef du PDS, Lulzim Basha, a souligné que le mouvement ne s’arrêterait pas tant que Rama ne démissionnerait pas. Jusqu’alors, les prochaines élections seront boycottées.

Pour le moment, après les manifestations, des poursuites judiciaires ont été engagées contre 33 personnes. L’opposition a lancé un nouvel appel à manifester lundi 13 mai.

En ce qui concerne cette confrontation, les États-Unis et l’Union Européenne soutiennent le gouvernement actuel et condamnent la violence de la part de l’opposition qui empêche l’intégration de l’Albanie dans l’UE. Malgré le fait que les dirigeants occidentaux soient satisfaits de la politique du gouvernement actuel du pays, on dirait que sa légitimité est remise en question, alors que le pays entre dans une crise politique dont la résolution dépend presque entièrement de la position de l’UE et des États-Unis.