Volodymyr Zelensky a officiellement pris ses fonctions ayant prêté serment le 20 mai devant le peuple ukrainien. Juste après son inauguration Zelensky a tenu un discours à la Rada Suprême de l’Ukraine et a fait des déclarations adressées au gouvernement du pays. Il a annoncé la dissolution du Conseil suprême de la huitième convocation de la Rada en raison du travail inefficace des députes. Le président les a appelés à adopter un nombre de projets de loi importants avant la dissolution : la levée de l’immunité des parlementaires ainsi que la loi sur la responsabilité pénale pour l’enrichissement illicite. En outre, Zelensky s’est prononcé en faveur de l’ouverture des listes électorales et la démission du chef du Service de sécurité, du ministre de la Défense et du procureur général de l’Ukraine.

Il a également parlé de la guerre dans l’Est du pays. Selon lui, en tant que président de l’Ukraine, son objectif premier est le cessez-le-feu dans le Donbass : « Je n’ai pas peur de prendre des décisions difficiles. Je suis prêt à perdre ma popularité pour que la paix se rétablisse. Aujourd’hui, nous sommes tout simplement obligés, je suis sûr qu’ils nous entendent, de les faire revenir à la conscience. Nous avons perdu cette conscience. Durant ces dernières années le pouvoir n’a rien fait pour qu’ils puissent se sentir Ukrainiens. Ils ne sont pas étrangers. Ils font partie de notre société, ils sont Ukrainiens ».

En outre, il s’est adressé à tous les Ukrainiens vivant à l’étranger : « Aujourd’hui, je m’adresse à tous les Ukrainiens du monde. Nous sommes 65 millions. Ne vous étonnez pas, nous sommes bien 65 millions, ceux pour qui la terre ukrainienne est la patrie, ceux qui sont aujourd’hui en Europe, Asie, Australie et Amérique. Je m’adresse à vous tous : vous nous manquez bien. J’offrirai volontiers à tout le monde la nationalité ukrainienne ».

Zelensky a déclaré que le gouvernement allait accorder plus d’attention aux militaires : plus de financements et les séjours gratuits seront accordés à eux et leurs familles.

« Là où les autorités ne respectent pas les personnes qui risquent quotidiennement leur vie, il n’a pas d’armée forte. Il ne faut pas parler de normes de l’OTAN, mais il faut les créer », a-t-il souligné.

Il a avoué que, outre la guerre, l’Ukraine avait beaucoup d’autres difficultés qui rendaient les Ukrainiens malheureux : les tarifs, les routes, des salaires misérables et des prix élevés de produits, la médicine peu développée. Il a promis de régler ces questions.

Le président de l’Ukraine a fait appel à chaque citoyen de porter la responsabilité de tout ce qui se produit dans le pays, en qualifiant la corruption de la honte des autorités supérieures précédentes. Il a fait ainsi allusion aux scandales avec des sociétés offshore, liées à l’ancien président Petro Porochenko.

« Chacun d’entre nous est responsable de l’avenir de l’Ukraine que nous laisserons à nos enfants. Chacun de son côté pourra contribuer au développement de l’Ukraine. Un pays appartenant à l’Europe se construit grâce à chaque habitant. Nous avons fait le choix de faire partie de l’Europe. Et elle n’est pas quelque part ailleurs, elle est en Ukraine », a résumé Zelensky.

Il faut noter qu’après le discours du nouveau président de l’Ukraine certains officieux ont volontairement quitté leurs postes, comme le ministre des Affaires étrangères Pavel Klimkin, le chef du Ministere de la Defense Stepan Poltorak, le secretaire du Conseil national de sécurité Vassily Gritsak et le chef de l’administration de la présidence Igor Raïnin ainsi que ses adjoints et conseillers.

Comme cela a été évoqué dans les publications précédentes, Zelensky a l’intérêt de dissoudre la Rada Suprême et d’affaiblir les alliés de Porochenko qui peuvent se consolider et créer une coalition parlementaire, ce qui risque de compliquer la vie du nouveau président. Apparemment, Zelensky lui-même s’en rendait bien compte en se balayant le chemin de reformes, sans tarder, au moment de l’inauguration. Cependant tout le monde se rend aussi compte qu’il sera bien difficile de réaliser les reformes évoqués par Zelensky. Cela concerne plus particulièrement le conflit dans l’Est de l’Ukraine, or il faudrait probablement plusieurs mandats présidentiels pour sa résolution.