En octobre 2019, des élections générales doivent se tenir en République populaire du Mozambique. Cet État est situé en Afrique du Sud-Est. Le chef de l’État est un président élu pour un mandat de cinq ans. Le parlement du pays est composé de 250 députés. Le régime politique du Mozambique peut être décrit comme transitoire vers la démocratie. Depuis 1975, le parti au pouvoir du pays est le FRELIMO (Front de libération du Mozambique). Il occupe 144 sièges à l’Assemblée de la République. Outre le FRELIMO, le parlement comprend également les partis RENAMO (Résistance nationale du Mozambique) avec ses 89 sièges et le MDM (Mouvement démocratique) doté de 17 sièges.

Le parti au pouvoir, le FRELIMO, occupe l’une des places centrales du système politique du Mozambique. Ainsi, conformément à la Constitution de la République populaire du Mozambique, le FRELIMO détermine l’orientation politique principale de l’État, dirige et contrôle les activités de l’administration d’État.

 Au Mozambique, la transition démocratique a commencé à la fin du siècle dernier, lorsque le président Joaquim Chissano a proclamé le rejet par le FRELIMO du marxisme-léninisme et le début de la transition du Mozambique vers la démocratie avec un système multipartite. Comme d’autres États, qui se sont engagés sur la voie de la transition démocratique dans les années 90 du 20e siècle, le Mozambique reste un État à la démocratie non consolidée. Cela signifie que les institutions formelles de la démocratie existent bel est bien, mais de facto, elles ne sont pas fonctionnelles ou bien sont défaillantes. Cependant, la Constitution de la République stipule que sa tâche principale est d’élargir et de renforcer le gouvernement démocratique populaire.

Il est intéressant à noter que la transition vers une économie de libre marché n’a pas abouti dans le pays. Selon la Constitution du Mozambique, l’État procède à une planification économique afin de garantir l’exploitation correcte de la richesse du pays et son utilisation au profit du peuple mozambicain.

 Le 15 octobre prochain, se tiendra dans le pays l’élection présidentielle, municipal et législatives dans 11 provinces pour la sixième fois. Les parlements provinciaux ont pour la première fois obtenu le droit d’élire les gouverneurs de province sur la base d’un amendement à la Constitution d’août 2018.

Le chef du parti d’opposition RENAMO, une ancienne guérilla armée, a démissionné en 2012 et s’est attiré l’attention par des grèves armées organisées. Lors des affrontements qui ont suivi avec les forces de sécurité, des centaines de personnes ont été tuées. Des négociations régulières entre le gouvernement et la RENAMO, avec la participation de médiateurs nationaux, ont abouti à la conclusion d’un accord de paix en septembre 2014, qui prévoyait l’amnistie et le désarmement des combattants de la RENAMO, et a permis la tenue d’élections en octobre 2015 avec la participation de la RENAMO. À l’issue de l’élection, le parti a obtenu de meilleurs résultats qu’en 2009, et en ce qui concerne le FRELIMO, il a perdu la majorité des deux tiers au Parlement, tout en conservant plus de la moitié des sièges.

En mars 2015, alors président en exercice, Filipe Nyusi a également assumé la présidence du parti au pouvoir de son prédécesseur Armando Guebuza.

Au printemps 2015, des affrontements armés entre des guérillas de la RENAMO et les forces de sécurité se sont à nouveau produits dans le pays. La cause des différends et conflits politiques internes reste la question de la participation future inclusive de l’ensemble de la population au processus politique et, à moyen terme, à la répartition des bénéfices attendus du développement économique du pays (en premier lieu cela concerne les recettes d’exportation).

En 2018, le congrès du parti FRELIMO avait renforcé l’avancement du président Filipe Nyusi vers le règlement définitif du conflit entre le gouvernement FRELIMO et l’unité armée de l’opposition RENAMO. Le cessez-le-feu signé à la fin de 2016 est en principe respecté. En août 2018, la Constitution du pays a été modifiée pour répondre à l’appel de l’opposition en faveur d’une décentralisation politique et aux futures élections des gouverneurs. Au premier trimestre de 2019, 14 officiers haut placés de la RENAMO ont été envoyés au quartier général de l’armée et des commandants dans trois provinces du pays. En échange, la RENAMO a donné son accord de principe sur la démobilisation et le désarmement des groupes rebelles restants. Le processus de résolution du conflit (le soi-disant DD et R), mené avec le soutien international, notamment de l’Allemagne, doit être achevé avant les élections du mois d’octobre. La cote de popularité du président Nyusi a augmenté en raison du cessez-le-feu et de sa démarche politique inattendue, celle de la décision de rendre visite au dirigeant de la RENAMO à son siège, avec le soutien de tout le pays, afin de parvenir à une paix durable dans le pays. Au final, il a été réélu à la tête du parti lors du congrès quinquennal du parti FRELIMO, ce qui en a fait un candidat à la présidence de la part du FRELIMO 2019.

Actuellement, l’un des aspects autoritaires du Mozambique est le décret présidentiel, qui impose de lourdes taxes au journalisme. Les journalistes étrangers devront payer 2 500 dollars pour un voyage dans le pays et 8 300 dollars pour un travail d’an. Les médias nationaux devront débourser 3 500 dollars pour leurs activités. Les experts estiment que ce décret est lié à la réduction de la couverture des élections générales de 2019 au Mozambique. Une telle mesure conduit à des réflexions sur le caractère démocratique des élections dans la république, qui semble être douteux.

Il est vrai, que les droits politiques fondamentaux sont garantis par la Constitution du Mozambique. Ce pays a également ratifié les principales conventions internationales sur la protection des droits de l’homme. Selon les organisations internationales et les centres de recherche, il n’y a pas de violation systématique et planifiée des droits de l’homme par les acteurs étatiques dans le pays. Cependant, dans de nombreux cas, le recours excessif à la force par la police et les forces de sécurité entraîne des violations des droits de l’homme. Malheureusement, ces violations restent généralement sans conséquences disciplinaires ou juridiques.

 Au mois d’avril, les experts de IAC ont réalisé un sondage à grande échelle afin de mettre en évidence les sentiments sociaux et politiques régnant dans la République du Mozambique.

Les résultats du sondage permettent de définir les sentiments sociaux des habitants du pays. On peut noter par le biais de cette évaluation, que la population est très critique vis-à-vis de la situation dans le pays.

Il a été établi, qu’à l’heure actuelle, la fonction du chef du parti d’opposition pro-occidentale MDM et du maire Beira Daviz Simango est évalué plutôt positivement par les personnes interrogées.

Cependant, l’approbation obtenue par Simango ne veut pas dire obligatoirement suffrage des électeurs pour le parti MDM. Comme le démontre les résultats du sondage réalisé, selon la part des électeurs fixés dans leur choix, Mouvement démocratique cède la place non seulement au parti au pouvoir, mais aussi au parti RENAMO.

Les résultats d’étude ont également montré, que malgré le mécontentement à l’encontre du président par une partie de la population, il reste un favori sûr pour les prochaines élections.

À l’heure actuelle, le gouvernement Mozambique élabore une stratégie pour mettre en œuvre les recommandations visant à améliorer la situation en matière de protection et de réalisation des droits de l’homme. Cependant, le Mozambique étant l’un des pays les plus pauvres du monde, la mise en œuvre des accords internationaux échoue souvent en raison du manque de ressources financières et humaines.

En mars 2019, Nikolaï Fiodorov, premier vice-président du Conseil de la fédération de la Fédération de Russie, s’est réuni avec la délégation parlementaire de la République du Mozambique. Outre le fait que la réunion ait débattu des perspectives de partenariat économique entre les pays, M. Fiodorov a exprimé l’espoir que « les élections générales contribueraient à la poursuite de la stabilisation politique interne du Mozambique ».

Rappelons qu’en janvier 2017, est entré en vigueur l’Accord sur la coopération technico-militaire entre la Fédération de Russie et la République du Mozambique. En mars 2018, à la suite de la rencontre entre S. Lavrov et F. Nyusi, la Russie s’est déclarée prête à contribuer à la résolution du conflit politique interne au Mozambique. Il est clair que les actions des deux pays visent à renforcer davantage les relations russo-mozambicaines traditionnellement amicales: tenue du dialogue politique, partenariat mutuellement bénéfique dans la reconnaissance et l’exploitation d’hydrocarbures, l’énergie, les télécommunications, l’agriculture et la formation du personnel.

Au cours du second semestre de 2019, une visite officielle du président de la République du Mozambique est prévue à Moscou, ce qui confirme l’intérêt des dirigeants du pays pour l’établissement d’un partenariat stratégique avec la Russie. Dans le même temps, les pays occidentaux souhaitent renforcer l’opposition, principalement le MDM, composée d’anciens membres de la RENAMO. Plusieurs grands champs pétroliers et gaziers ont été découverts sur le plateau du pays. L’exploitation est réalisée par des sociétés des États-Unis, d’Italie, de Chine et d’Inde. Il est prévu de construire un gazoduc reliant le nord du Mozambique et l’Afrique du Sud sur une longueur d’environ 2 600 km et avec une capacité d’environ 10 milliards de mètres cubes par an. Pour atteindre cet objectif, même la déstabilisation de la situation politique dans le pays est possible. L’opposition risque de reprendre les affrontements armés si elle soupçonne les autorités de falsifier les élections.