Le plus ancien journal anglophone de Hong Kong, South China Morning Post, a rapporté l’utilisation de matraques et de gaz poivre par la police contre des manifestants dans l’ancienne colonie britannique.

Selon le journal, les jeunes gens ayant passé toute la nuit dans les rues ont tenté de passer à travers les clôtures métalliques en lançant divers objets sur les agents de police. La police équipée de boucliers a utilisé des matraques et du gaz afin de contenir les manifestants qui avaient bloqué l’accès au Conseil législatif.

Les manifestations à Hong Kong ont commencé le 9 juin après l’approbation de l’amendement à la loi sur l’extradition. La loi amendée autoriserait le gouvernement de cette région administrative spéciale chinoise à extrader les criminels vers les pays avec lesquels il n’existe pas d’accord d’extradition. Par exemple, vers la Chine continentale. Selon les opposants aux innovations, cela permettrait d’extrader vers la Chine non seulement des fonctionnaires corrompus qui avaient fuit vers Hong Kong, mais aussi des militants opposés à la politique de Pékin.

La plupart des manifestants sont les jeunes, les étudiants. Ils montent des barricades en métal et en briques, scandent des slogans anti-gouvernementaux et demandent la démission du maire de Hong Kong.

Les médias ont déjà signalé que les organisateurs des émeutes appelaient à l’escalade des manifestations par le biais de canaux de communication cryptés. Au cas où le Conseil législatif de Hong Kong (Legco) va examiner ce projet de loi, ils ont l’intention de prendre d’assaut les bâtiments gouvernementaux. La ville et les transports en commun seront bloqués par les manifestants jusqu’à ce que leurs revendications ne soient satisfaites.

Les manifestants utilisent des masques et des parapluies pour se protéger des gaz. Outre les étudiants, les employés des magasins, des entreprises et des banques ont également battu le pavé. Cette manifestation est considérée comme la plus grande depuis que Hong Kong est passée sous le contrôle de la Chine en 1997.

Le 12 juin, plus de 5000 policiers (l’effectif total est de 30  000), y compris les unités antiterroristes et tactiques, ont été déployés dans les rues. Les unités chargées de la cybersécurité surveillent des réseaux sociaux et des messengers.

Selon les médias, le Conseil législatif de Hong Kong a reporté le prochain examen des amendements à une date ultérieure.

Hong Kong qui est juridiquement presque indépendant sur le plan politique et en ce qui concerne l’éducation subit régulièrement des ingérences de la Chine dans sa politique intérieure. Dans le contexte de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le Céleste Empire tente de renforcer le contrôle de l’un des principaux centres financiers d’Asie, dont l’élite commerciale entretient des liens étroits avec les États-Unis. C’est dans l’intérêt des États-Unis de soutenir les manifestations actuelles contre la nouvelle loi. Néanmoins, malgré l’escalade des manifestations, il est peu probable que les revendications des manifestants soient satisfaites. La majorité écrasante des membres du Conseil législatif de Hong Kong se laissent guider par Pékin. Alors, les efforts du Parti libéral ne sont pas suffisants. La seule chose qui puisse faire la différence, c’est le refus des centristes d’appuyer le projet de loi, pourtant ce scénario est presque improbable.