Selon la Constitution du pays, les prochaines élections présidentielles en Croatie devraient se tenir du 21 décembre 2019 au 20 janvier 2020. Le second tour des élections aurait probablement lieu (si nécessaire) entre le 4 janvier et le 3 février 2020.

La République de Croatie est un pays d’Europe du Sud (elle est souvent considérée comme un pays du sud de l’Europe centrale), dont la forme de gouvernement est une république parlementaire. Le Président de la République est le chef de l’État ; il est élu pour un mandat de cinq ans. Le pays est membre de l’ONU, de l’OSCE et du Conseil de l’Europe. En outre, depuis 2009, il fait partie de l’OTAN et est le dernier pays qui s’est adhéré à l’Union européenne en 2013.

Les dernières élections présidentielles (les sixièmes dans l’histoire du pays) ont eu lieu le 11 janvier 2015. Elles ont été remportées par la présidente du pays en exercice Kolinda Grabar-Kitarović qui a recueilli 50,42% des votes et est devenue la première femme présidente dans l’histoire de la Croatie. Depuis octobre 2016, Andrej Plenković occupe le poste de Premier ministre. Lors des élections de 2015, Kolinda Grabar-Kitarović était candidate du parti l’Union démocratique croate.

Il convient de noter qu’en 2003 Kolinda Kitarović a été nommée ministre de l’Intégration européenne. En février 2005, elle a prêté serment en tant que ministre des Affaires étrangères de la Croatie. Elle avait pour tâche principale de faire la Croatie membre de l’Union européenne et de l’OTAN.

Kolinda Kitarović était également ambassadrice de Croatie aux États-Unis (2008-2011). Ensuite, en juillet 2011, elle est devenue secrétaire général adjoint de l’OTAN pour la diplomatie publique. Kolinda Kitarović est une experte en diplomatie euro-atlantique et en sécurité.

En 2015, le sujet principal de la campagne présidentielle était la possibilité de relancer la croissance économique du pays. L’intégration européenne et la coopération avec l’OTAN faisaient également partie de la campagne électorale de Kolinda Kitarović, ce qui a été soutenu par la plupart des électeurs.

La coalition parlementaire d’Andrej Plenković est composée du parti « Union démocratique croate », ainsi que de plusieurs partis alliés. Elle représente la majorité parlementaire avec un vote d’écart.

Cependant, la présidence de Kolinda Grabar-Kitarović n’était pas facile. La tâche la plus dure à accomplir pour elle était de tenir les promesses concernant le développement économique du pays. Les illusions de ses partisans selon lesquelles une coopération étroite avec l’UE et l’OTAN serait suffisante pour la prospérité économique de la Croatie ont été brisées en 2017, lorsque le groupe Agrokor, la plus grande entreprise privée de Croatie et des Balkans, s’est trouvé au bord de la faillite en raison d’une lourde dette (vu une grande expansion dans la région, la dette de la société était 6 fois supérieure à ses actifs). Toute l’économie de la Croatie a été menacée par l’effondrement. Vu que Agrokor représente 15% de l’économie du pays et emploie 60 000 personnes, le gouvernement croate a dû intervenir et sauver la société phare. La situation a également touché le domaine politique, car les principaux créanciers d’Agrokor étaient les banques russes Sberbank et VTB. En conséquence, les banques russes ont en fait sauvé la société Agrokor de la faillite et, avec elle, toute l’économie croate. Le gouvernement a pris le contrôle de l’entreprise croate. Apparemment, l’écho de l’affaire Agrokor engendrée par la corruption et l’incompétence de l’ancienne direction du holding aura des répercussions sur les processus politiques en Croatie pendant longtemps. Ainsi, fin 2018, une enquête a été ouverte contre le Premier ministre croate, Andrej Plenković, ainsi que contre plusieurs autres responsables politiques suite à un conflit d’intérêts probablement apparu vu l’adoption de la loi Lex Agrokor visant à sauver l’entreprise.

Il faut souligner que la crise d’Agrokor a forcé les dirigeants croates à poursuivre une politique étrangère plus réfléchie et pragmatique et à trouver un terrain d’entente avec la Russie et les pays voisins.

Le gouvernement croate s’est donné quatre objectifs principaux à atteindre vers 2020 : une croissance économique stable, la création de nouveaux emplois, la croissance démographique et la prévention de l’immigration massive à l’étranger, ainsi que l’égalité sociale et la solidarité. En ce qui concerne l’intégration à l’UE, la Croatie poursuit activement les négociations sur son adhésion à la zone euro. Cette année, le gouvernement croate a demandé à devenir membre de la zone euro dans l’espoir que le passage à l’euro leur permettrait de développer plus activement le commerce extérieur. Quoi qu’il en soit, cette transition prendra au moins 4 ans, surtout compte tenu de la grande différence de PIB entre les États utilisant l’euro et la Croatie.

Selon des sondages sur l’euro menés en 2017 par la Commission européenne en Croatie et dans d’autres pays, la majorité de la population croate n’est généralement pas informée de l’euro, de l’influence de l’euro sur l’économie du pays et sur sa capacité de contrôler sa propre politique économique. Près de la moitié de personnes interrogées se sont opposées à l’adoption de l’euro. Et puisque cette étude indique la situation d’ensemble dans le pays, on pourrait dire que la moitié de la population croate doute de la perspective d’entrée dans la zone euro. Pourtant, vu que l’adoption de la monnaie européenne en Croatie est une perspective lointaine, il est peu probable que Kolinda Grabar-Kitarović qui utilise ces promesses lors de la campagne électorale actuelle fasse face aux conséquences négatives possibles de cette mesure pour l’économie du pays, même si elle est réélue pour un second mandat.

Selon les résultats de 2018, les importateurs principaux de la Croatie sont l’Italie (14%), la Slovénie (13%), l’Allemagne (12%), la Bosnie-Herzégovine (9%), l’Autriche (6%), la France (2%). Et les principaux fournisseurs sont l’Allemagne (22%), l’Italie (17%), la Slovénie (15%), l’Autriche (11%), la Hongrie (10%), la France (3%).

En général, l’économie du pays est assez dépendante du tourisme. Si auparavant la Croatie attirait les touristes grâce à une politique de prix favorable, avec le passage à l’euro cet avantage pourrait disparaître. De nombreux habitants de l’Union européenne notent que le pouvoir d’achat dans leurs pays a beaucoup diminué depuis l’introduction de l’euro. Cependant, les résultats de la transition vers l’euro ne seront clairs que dans 4 à 6 ans. Par conséquent, le gouvernement croate agit maintenant assez calmement, car les élections présidentielles sont prévues pour décembre 2019-janvier 2020, ce qui signifie qu’il est possible de poursuivre en toute sécurité les projets d’intégration dans l’Union européenne.

Selon les résultats de divers sondages d’opinion publique, la principale lutte pour la présidence de la République de Croatie est susceptible de se tenir entre deux candidats : Kolinda Grabar-Kitarović, présidente de la République de Croatie depuis 2015, et Zoran Milanović, l’ancien Premier ministre, président du Parti social-démocrate de Croatie. Dans le contexte des difficultés économiques et de la réduction des programmes sociaux sous la présidence de Kolinda Grabar-Kitarović et du parti Union démocratique croate, le candidat social-démocrate aurait pu être plus avantageux pour une grande partie de l’électorat. Cependant, selon les résultats des sondages, à la fois au premier tour de scrutin et au second, Kolinda Kitarović obtient un plus grand nombre de voix. On peut également noter un candidat très populaire Miroslav Škoro qui est censé occuper la troisième place de la course présidentielle. Miroslav Škoro appartient à la génération de dirigeants politiques européens-populistes et nationalistes, venus en politique du show business. La quatrième place est actuellement occupée par un avocat populaire et membre du Parlement européen croate Mislav Kolakušić.

Bien que l’écart dans les classements des principaux candidats ne soit pas critique, il est peu probable que la réélection de la présidente en exercice puisse être entravée par quelque chose. Elle peut s’approprier le salut de la plus grande entreprise balkane, la poursuite de l’intégration européenne et même la croissance de la notoriété de la Croatie dans le monde, dont les électeurs sont fiers : le triomphe de l’équipe nationale de football au championnat du monde à Moscou et la popularité croissante de la ville de Dubrovnik comme lieu de tournage de la série télévisée culte « Game of Thrones ».